Marché public de Longueuil

Le projet du Marché public de Longueuil est le fruit d’une collaboration entre la Ville de Longueuil et l’Association des producteurs maraîchers du Québec. Inauguré en 2014 et situé sur un terrain de 2,4 ha, le marché public est souvent cité comme exemple pour sa gestion durable des eaux pluviales. [1]

La réglementation en place lors de la planification du projet exigeait un taux de verdissement minimal de 15 % pour un projet de cette ampleur, ainsi qu’une gestion sur place des eaux pluviales des stationnements de minimum 15 %. Afin de respecter ces deux exigences, une série d’infrastructures naturelles a été proposée comme verdissement permettant ainsi de répondre à deux objectifs simultanément. [2]

Une autre motivation derrière la mise en place d’une chaîne d’infrastructures naturelles est liée à la demande de dérogation concernant l’emplacement du stationnement. L’Association des producteurs maraîchers du Québec souhaitait que ce dernier soit situé en façade, ce qui n’était pas permis par la réglementation en place. En proposant une gestion des eaux pluviales exemplaire, le projet avait une réelle valeur ajoutée environnementale et la dérogation a été acceptée par la municipalité. [1]

Les aménagements en séries, ou chaîne d’infrastructures, sont constitués de cellules de biorétention, d’une tranchée drainante, d’un filtre à sable, d’un bassin de rétention sec, d’un bassin avec retenue permanente et un réservoir interne. [3] Ces infrastructures naturelles permettent de gérer les pluies d’une possibilité de récurrence statistique aux 50 ans, soient des quantités importantes d’eau dans un court laps de temps. [4] Les aménagements extérieurs végétalisés permettent de retenir jusqu’à 950 000 litres d’eau, alors que le réservoir intérieur a une capacité de 75 000 litres. [5]

Il y a deux chaînes distinctes de gestion des eaux pluviales, qui mènent toutes vers le bassin avec un niveau d’eau permanent. [6] (voir le plan) Les aménagements permettent de réduire et de ralentir les eaux pluviales avant qu’elles se dirigent vers le réseau d’égout pluvial municipal. [5] Toutes permettent des bénéfices significatifs.

IMAGE: Plan des infrastructures

La première série se situe au niveau du stationnement avant. L’eau est dirigée vers les cinq cellules de biorétention situées aux pourtours du stationnement. L’eau s’écoule dans un drain qui mène jusqu’au bassin principal. Les cellules sont plantées avec des arbres et d’autres plantes indigènes, en plus de contenir du paillis afin de filtrer les hydrocarbures. [ 5, 6]

La deuxième série se situe à l’arrière du bâtiment et commence par une noue végétalisée. L’eau est ensuite acheminée au bassin sec par un drain et finit dans le bassin principal. [6] Si la quantité d’eau est trop importante, une prairie adjacente permet de recueillir les surplus. [5]

À ces chaînes s'ajoutent des infrastructures spécifiquement pour l’eau qui tombe sur le toit du marché. L’eau peut alors prendre trois chemins différents. Le premier est le réservoir interne. L’eau accumulée sert pour les besoins en eau non potable du marché, soit les toilettes et le nettoyage des kiosques à l'extérieur. Le deuxième chemin commence par les tranchées drainantes situées aux extrémités du marché où l’eau sera ensuite dirigée vers le bassin principal. Le troisième chemin amène l’eau vers le stationnement et donc vers les cellules de biorétention. [5]

Selon les estimations, les infrastructures naturelles connectées implantées au marché public de Longueuil permettent une diminution de 40 % des eaux pluviales qui se rendent au réseau municipal en hiver et de 60 % en été, ce qui correspond respectivement à 2 062 000 et 7 892 000 litres. De plus, les aménagements inclus des matériaux filtrants permettant de réduire les matières en suspension et les coliformes fécaux de 80 % et 99 % respectivement. [5]

Enfin, autre bénéfice significatif, la différence de coûts entre l'utilisation de la biorétention pour la gestion des eaux pluviales du stationnement de 250 places versus un drainage classique est de plus de 27 000 $ avec des coûts pour chacun de 56 700 $ et 84 400 $. [4]

Références : 
[1] Société québécoise de phytotechnologie. (2018). Les aires de biorétentions.
[2] Rouillé, P. et Deporte, L. - Les Ateliers Ublo. (2021). Rencontre effectuée le 10 novembre 2021.
[3] Dostie, A. (2018). Marché public de Longueuil: retour sur des pratiques novatrices en matière de gestion des eaux pluviales.
[4] Vinci Consultants. (2014). Marché public de Longueuil - La gestion des eaux pluviales comme catalyseur pour une démarche durable. 
[5] Fortier, R. (2014). La gestion intégrée des eaux de pluie du marché public de Longueuil.
[6] Bordeur-Doucet, C. (2018). Évaluation de la performance de pratiques de gestion optimales installées en série : le cas du marché public de Longueuil. 

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